Sophie Prouvier, née à Paris en 1817, est confiée dans sa petite enfance à une cousine habitant Montmorot (Jura), où elle reçoit le baptême à l’âge de 4 ans. Dès l’enfance, elle manifeste une intelligence vive, une grande sensibilité et un profond attrait pour Dieu. À 13 ans, elle instruit déjà ses compagnes et montre un goût pour le sacrifice. En 1839, elle prononce ses vœux religieux sous la direction du Père Martin.

En 1849, elle devient supérieure générale d’un petit noyau de vierges consacrées encouragé par l’abbé Brun, curé de Saint-Maur. Elle prend le nom de Mère Marie de l’Eucharistie. Après la mort de l’abbé Brun en 1851, elle cherche un appui pour consolider la fondation. C’est dans ce contexte d’incertitude qu’elle séjourne à Besançon en 1854, pour observer d’autres congrégations et chercher la lumière sur sa mission. C’est là, dans la chapelle du Refuge, qu’elle reçoit la Révélation du Cœur Eucharistique de Jésus (22 janvier 1854), dans une grande intimité spirituelle. Le Seigneur lui fait entendre Ses plaintes et Son ardent désir d’être aimé dans l’Eucharistie.

Convaincue qu’il s’agit là du cœur même de sa vocation, elle reçoit une prière au Cœur Eucharistique, qui est rapidement diffusée avec l’autorisation de l’évêque de Saint-Claude, Mgr Mabile, en septembre 1854.

Les étapes des approbations ecclésiastiques :

  • 1854 : Mgr Mabile approuve la dévotion et permet la diffusion de la prière.
  • 1867 : Lors de son deuxième voyage à Rome, le pape Pie IX accorde une première reconnaissance officieuse de l’Institut. Cependant, le vocable « Cœur Eucharistique » soulève encore des réserves à la Curie romaine.
  • 1868 : L’Institut fonde une maison à Alger. Cette expansion internationale renforce sa crédibilité.
  • 1879 : Le pape Léon XIII approuve officiellement la confrérie du Cœur Eucharistique, qui promeut cette dévotion dans le sillage de Sophie Prouvier.
  • 1891 : Après de multiples démarches (notamment trois autres voyages à Rome de Sophie), le Saint-Siège accorde l’approbation définitive des Constitutions de l’Institut des Vierges de Jésus et de Marie. L’œuvre est enfin pleinement reconnue.

Quelques mois plus tard, le 28 décembre 1891, Mère Marie de l’Eucharistie s’éteint à Paris. Elle repose au cimetière de Passy.

Postérité spirituelle

La prière au Cœur Eucharistique qu’elle a rédigée continue de toucher les cœurs. Sa mission prophétique – consoler Jésus-Hostie, aimer son Cœur blessé, réparer les ingratitudes – reste d’une brûlante actualité. En 1921, le pape Benoît XV reconnaît officiellement cette Révélation en instituant une fête liturgique du Cœur Eucharistique le jeudi suivant la fête du Sacré-Cœur et confie le rayonnement du Cœur Eucharistique aux Rédemptoristes.

Liens internes :

Les litanies du coeur eucharistique

Visite guidée de la chapelle Notre Dame du Refuge par le Père Boillon

Article « France Catholique »